JEAN LUC MÉLENCHON FRANCHIT UNE NOUVELLE LIGNE ROUGE : LA JUSTICE FRANÇAISE SERAIT-ELLE AUX ORDRES D’ISRAËL ?

Affaire Rima Hassan : les accusations du leader insoumis provoquent une vague d’indignation
Par Alain SAYADA – Directeur de la Publication d’Israël Actualités
La polémique enfle après les déclarations de Jean-Luc Mélenchon concernant les réquisitions du parquet contre l’eurodéputée Rima Hassan. En accusant indirectement le gouvernement israélien d’influencer la justice française, le leader de La France insoumise a déclenché une véritable tempête politique.
Des réquisitions judiciaires transformées en affaire politique
Le ministère public a requis dix mois de prison avec sursis et deux années d’inéligibilité contre Rima Hassan, poursuivie pour apologie du terrorisme après avoir relayé sur X une citation attribuée à un membre de l’Armée rouge japonaise, auteur de l’attentat de l’aéroport de Lod, près de Tel-Aviv, qui avait coûté la vie à 26 personnes en 1972.
Il appartient désormais à la justice de se prononcer sur les faits reprochés à l’eurodéputée, dans le respect de la présomption d’innocence.
Mais Jean-Luc Mélenchon a choisi de déplacer le débat sur un tout autre terrain.
Sur X, il a dénoncé ce qu’il considère comme des abus de pouvoir de la « macronie », allant jusqu’à évoquer une prétendue « servilité devant les demandes de Netanyahu ».
Une accusation particulièrement lourde, qui suggère que les décisions du parquet français seraient influencées par les intérêts du gouvernement israélien.
Une indignation jusque dans les rangs du gouvernement
Les réactions n’ont pas tardé.
Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a dénoncé une attaque contre l’indépendance et l’intégrité des magistrats, estimant que Jean-Luc Mélenchon et LFI entretenaient un grave problème avec l’État de droit.
Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a évoqué une attaque gravissime contre l’indépendance de la justice.
Plus sévère encore, Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe, a qualifié les propos du leader insoumis de :
« Digne des pires torchons antisémites des années 30. »
Une comparaison historique particulièrement forte, révélatrice de la gravité avec laquelle ces déclarations ont été accueillies.
Le fantasme d’une justice française sous influence israélienne
L’organisme Conspiracy Watch a également réagi en rappelant un élément juridique essentiel : depuis la loi du 25 juillet 2013, le garde des Sceaux ne peut plus adresser d’instructions au parquet dans une affaire individuelle.
L’organisme souligne également que ce même parquet de Paris a précédemment classé sans suite une vingtaine de plaintes visant Rima Hassan.
Dès lors, sur quels éléments repose l’accusation de Jean-Luc Mélenchon ?
Affirmer, sans produire de preuve, que le gouvernement français serait soumis aux volontés de Benjamin Netanyahu et que cette influence s’étendrait jusqu’aux magistrats français revient à diffuser une lecture conspirationniste du fonctionnement de nos institutions.
ÉDITORIAL – Quand Israël devient le coupable idéal
Il est parfaitement légitime, dans une démocratie, de critiquer une décision judiciaire, de contester des réquisitions ou de défendre une personnalité politique poursuivie devant les tribunaux.
Mais il existe une différence fondamentale entre critiquer la justice et suggérer qu’elle obéirait secrètement aux intérêts d’un gouvernement étranger.
En désignant une nouvelle fois Israël comme la puissance supposée derrière une décision française, Jean-Luc Mélenchon prend une responsabilité politique considérable.
Cette rhétorique fait écho à de vieux mécanismes de désignation d’une influence occulte, dont l’histoire européenne nous a tragiquement enseigné les dangers.
La critique du gouvernement Netanyahu est légitime. Elle ne saurait cependant servir de justification à des accusations dépourvues de preuves contre l’indépendance de la justice française.
À force de présenter Israël comme l’explication de toutes les controverses, le débat politique risque de nourrir des amalgames dangereux, particulièrement dans un climat où l’antisémitisme demeure une préoccupation majeure.
La défense de la cause palestinienne ne devrait jamais nécessiter de fragiliser nos institutions démocratiques ni d’alimenter les soupçons à l’égard d’Israël et, par ricochet, des Français juifs.
La justice française n’est ni celle de Jean-Luc Mélenchon, ni celle de Benjamin Netanyahu. Elle est celle de la République.
Et c’est précisément cette indépendance que tout responsable politique devrait avoir à cœur de préserver.
Alain SAYADA
Directeur de la Publication – Israël Actualités
© Israël Actualités – Octobre 2026

